Froid mortel pour les SDF, confort douillet et fitness à l’oeil pour les taulards

On vit une époque formidable ! Déjà un trop grand nombre de SDF morts de froid en France cette année pendant que les taulards de Valence se défoulent dans un gymnase flambant neuf. Flambant, sans jeu de mot : l’aile de la prison ravagée par le feu il y a un an ne sera rouverte qu’en 2019 ! Au fait, les casseurs seront-ils les payeurs ?

Certes, les prisonniers se défoulent, mais pour la bonne cause, c’est au bénéfice du Téléthon. L’apparence de la générosité et de la solidarité de la part de ceux qui n’en ont pas eu pour leurs victimes est un prétexte de plus pour justifier des privilèges dont ils devraient être justement privés. Et quoi ! quel beau geste de la part de ces repris de justice rejetés par cette société qui ne leur a pas tendu la main ! Pas sûr qu’administration ou détenus se soucient vraiment du Téléthon. Un des responsables de la prison déclare : « L’établissement est dans une dynamique de réinsertion active. Le sport est un moteur. Les détenus développent le respect de soi et des autres ». Fermez le ban ! Il a raison de les entraîner, il leur faudra aux détenus beaucoup d’estime des autres quand ils s’attaqueront à une autre aile de la prison lors de la prochaine mutinerie. Bon, ça devrait bien se passer pour eux, puisque la décision a été prise récemment de ne mettre qu’un gardien au lieu de deux. Il y a un an, alors que le quartier maison centrale n° 2 (QMC2) avait été ravagé par les flammes et complètement détruit, la garde avait été doublée. Le fait qu’aucun incident n’ait été signalé depuis n’est pas, pour l’administration, le signe de l’efficacité de la mesure. Cette administration juge que puisque tout se passe bien, on repasse à un seul gardien par étage. C’est un signal fort : la prochaine mutinerie peut être envisagée. On comprend que les détenus doivent acquérir plus de confiance en eux par le sport.

Pendant ce temps, loin de la chaleur au coin du feu de la maison d’arrêt ultra moderne de Valence, les SDF continuent à dormir dans la froideur des cartons sur leur coin de trottoir et à mourir dans l’indifférence du pouvoir. Pas de dynamique de réinsertion active pour eux. (Photo Dauphiné Libéré)

BS

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